Ouest France du 06.12.2012

Au Téléthon, un éternel jeune violoniste de 80 ans - Châteaubourg

jeudi 06 décembre 2012


Marcel Kerviel continue à se produire sur scène avec ses compères de longue date.

À Châteaubourg, Téléthon rime depuis toujours avec fest-noz. Samedi 8 décembre, les amateurs de musique bretonne se retrouveront une nouvelle fois salle des Vallons pour une soirée riche en surprises. Parmi les invités de ce fest-noz, un violoniste autodidacte de 80 ans, Marcel Kerviel.

Ce dernier aime Saint-Saëns et Schubert tout autant que la musique klezmer et irlandaise. Il a fait partie de nombreux groupes dont Phocifer, qu'il a créé avec Abel Rican et Jean-Yves Corlay. Ces deux musiciens seront également présents ce samedi. Marcel Kerviel, qui joue aussi du saxophone soprano, voire du saxo alto à l'occasion, écrit aussi des musiques. Il vient d'ailleurs de publier un recueil destiné aux musiciens traditionnels, désireux d'élargir leur répertoire. Il y aura également au programme de cette soirée, le groupe Bresken, le duo Leclair-Coq et les sonneurs de la Nouzille.

Samedi 8 décembre, fest-noz au profit du Téléthon, salle des Vallons, à partir de 21 h. Don minimum : 6 € à partir de 16 ans, entrée gratuite pour les enfants.

 

Marcel Kerviel dédicace son recueil de musiques traditionnelles - Liffré

jeudi 13 décembre 2012


Marcel Kerviel, 80 ans, joue aujourd'hui avec Sissastrouv : « Nous formons un groupe de sept musiciens : quatre accordéonistes, dont Abel Rican, deux violons et un banjo. »

Portrait

Marcel Kerviel, 80 ans, doit son goût pour la musique au cours de flûte d'un instituteur avant-gardiste. Dès l'école primaire, les cours de solfège dispensés par son instituteur, précurseur, en 1938, de la flûte à six trous, ravissent ses oreilles et se mêlent aux chansons fredonnées par sa mère couturière.

Pendant la guerre, la rue du Siam, à Brest, étant particulièrement bombardée, il se réfugie chez ses grands-parents, dans le Finistère sud. Là, il tombe en admiration devant une dame jouant du piano : « J'ai alors dit à mes parents que j'avais très envie d'en jouer. »

Mais pendant l'Occupation, avec des parents peu fortunés, il comprend rapidement qu'il ne faut pas rêver. À la Libération, « à ma grande surprise, j'ai reçu en cadeau un beau violon que des amis de mes parents leur avaient cédé pour un prix abordable ».

Le premier violon

Quelques cours de solfège plus tard, porté par la joie de pouvoir jouer d'un instrument, « j'ai fait mes premières armes avec du Mozart adapté au violon ».

Admis, en fin de 3 e , à l'école normale d'instituteurs de Rennes, le bon élève qu'il était a, pendant les quatre années d'études, « le plus souvent remisé l'instrument, faute de temps ».

Nommé à la Maison de l'enfance à Carcé, le jeune instituteur crée une chorale à deux voix pour distraire les petits pensionnaires. Un de ses collègues, embarrassé par un magnifique saxophone offert par ses parents et « incapable d'en tirer un son, me l'a confié. Avec quelques amis, nous animions des bals dans les environs ».

Plus tard, pendant le service militaire effectué au Maroc, dans l'armée de l'air, « je n'ai pas mis longtemps avant de me faire envoyer le saxophone. Rien de tel que le jazz et Sydney Béchet pour se changer les idées ».

Après la réussite au concours interne de professeur d'enseignement général des collèges, il est affecté au collège Armand-Brionne de Saint-Aubin-d'Aubigné, où il choisit l'option enseignement musical, « en souvenir de mon instituteur ».

Le goût pour le fest-noz

La retraite arrivant, « je me suis tourné résolument vers la musique traditionnelle, bretonne essentiellement, avec l'idée d'animer des festoù-noz. Avec des amis, nous avons créé l'Air du Temps, groupe composé d'instruments traditionnels (violon et accordéon diatonique) auxquels nous avons adjoint un bouzouki grec, une guitare basse et mon saxo ».

Après avoir fait dansé la campagne et la ville pendant quinze ans, vient la dislocation de l'Air du Temps. Plus tard, il forme avec Abel Rican, « une pointure en accordéon », et Yves Corlay, le joueur de bouzouki, Phocifer, groupe de musique bretonne et des pays de l'Est. Parallèlement, il anime, au sein de Gallo Tonic, un atelier de danse bretonne.

Pendant cette période, « j'ai joué également en duo violon-harpe celtique avec Catherine Baudichet sous le nom de Diviz ». Actuellement, avec Sissastrouv, « nous formons un groupe de sept musiciens : quatre accordéonistes dont Abel Rican, deux violons et un banjo ».

Pendant toutes ces années, Marcel a tout de même trouvé le temps d'écrire sur son cahier de partitions. « J'avais toujours à l'oreille quelques phrases musicales sur lesquelles j'improvisais avec mon violon. » Ses amis, estimant que ces mélodies à danser méritaient une suite, c'est Abel Rican, aidé par Fanny Ménaridi, qui ont transcrit les portées en tablature pour en faire un recueil.

Vendredi 14 décembre, de 14 à 18 h 30, dédicace de Marcel Kerviel à l'Hôtel de ville.

Le Liffréen décembre 2012

Ouest France 18 déc 2012

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